Le SPIP : Service pénitentiaire d'insertion et de probation

Créé il y a plus de 25 ans, le SPIP est devenu un acteur incontournable de la réinsertion des personnes sortant de prison ou sous main de justice que ce soit en milieu ouvert ou fermé.

À retenir

Les missions du SPIP :

● évaluation et suivi adapté des personnes ;
● contrôle du respect des obligations imposées ;
● travail sur les raisons du passage à l'acte ;
● aide à la restauration de l'autonomie ;
● rédaction d'écrits pour le JAP ;
● orientation vers les dispositifs de droit commun.

QU'EST-CE QUE LE SPIP ?

Création et chiffres clés

Les Services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) ont été créés par le Décret du 13 avril 1999 (1). Il existe 103 SPIP sur l’ensemble du territoire. Au sein de ces services, les Conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP) assurent au quotidien la mise en œuvre des missions confiées au SPIP. Ce sont plus de 4 000 CPIP qui assurent le suivi d'environ 89 000 personnes détenues (2) dans les 186 établissements pénitentiaires français et approximativement 174 000 personnes suivies en milieu ouvert (3).

Les Conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP)

Un Conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) fait partie du personnel pénitentiaire. Fonctionnaire du ministère de la Justice, sa mission consiste à accompagner les personnes placées sous main de justice (PPSMJ), qu'elles soient détenues ou suivies en milieu ouvert, dans une démarche visant à prévenir la récidive et à favoriser leur réinsertion sociale. Dans ce cadre, les CPIP sont des interlocuteurs privilégiés des équipes de L’Îlot, avec lesquelles ils collaborent étroitement dans le suivi et l'accompagnement des personnes concernées.
À travers leur action quotidienne, les CPIP participent à la mise en œuvre des missions confiées au SPIP.

LES MISSIONS DU SERVICE PENITENTIAIRE D'INSERTION ET DE PROBATION

Le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) a pour mission principale de prévenir la récidive. Pour y parvenir, son action s'articule autour de trois axes complémentaires : l'aide à la décision judiciaire dans une logique d'individualisation de la peine ; l'évaluation, le suivi et le contrôle des personnes placées sous main de justice ; et l'accompagnement vers l'insertion et la réinsertion.

L'aide à la décision judiciaire dans un souci d'individualisation de la peine

Le Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) réalise une évaluation de la situation pénale, sociale et personnelle des personnes placées sous main de justice. Sur la base de cette évaluation, il rédige des rapports et des avis destinés au Juge de l'application des peines (JAP) afin d'éclairer sa décision. Il peut notamment formuler des propositions sur les modalités d'exécution de la peine ou sur l'octroi d'un aménagement de peine.

L'évaluation, le suivi et le contrôle des personnes

À l'issue de l’évaluation réalisée par le Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP), un accompagnement individualisé est mis en place afin de répondre aux besoins de la personne condamnée. Ce suivi vise à assurer le respect des obligations imposées par l'autorité judiciaire, à travailler sur les facteurs ayant conduit au passage à l'acte délictueux et à donner du sens à l'exécution de la peine. Il contribue également, lorsque cela est nécessaire la restauration de l'autonomie des personnes suivies, notamment après une longue période de détention.

L'insertion des personnes placées sous main de justice

En détention aussi bien qu'en milieu ouvert, le Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) accompagne les personnes placées sous main de justice dans leurs démarches d'accès aux dispositifs de droit commun. Il facilite notamment l'ouverture des droits administratifs et sociaux (documents d'identité, couverture maladie, prestations sociales, etc.) et oriente les personnes vers les partenaires institutionnels et associatifs compétents.

SPIP ET LOGEMENT : L'ACCOMPAGNEMENT VERS L'HEBERGEMENT

Parmi les nombreux domaines dans lesquels intervient le CPIP, **l'accès au logement **constitue un enjeu majeur. Il conditionne souvent la réussite du projet de réinsertion et peut être déterminant dans la mise en œuvre de certains aménagements de peine.

Préparation de la sortie de détention

« Conformément aux dispositions de l'article 721 du code de procédure pénale, le service pénitentiaire d'insertion et de probation travaille avec la personne condamnée en vue de la préparation d'une sortie encadrée dès que sa condamnation est définitive.
Conformément aux mêmes dispositions, le service pénitentiaire d'insertion et de probation remet au juge de l'application des peines, dans le cadre de l'examen des réductions de peine, un avis comportant des éléments permettant à ce dernier de déterminer les mesures favorisant l'accompagnement de la personne condamnée en fin de peine. »
(4)

La question de l'accès à un logement stable constitue un élément déterminant dans l'examen d'une demande d'aménagement de peine. Elle est au cœur de l'évaluation réalisée par le SPIP et des recommandations formulées auprès de l'autorité judiciaire, tant sur l'opportunité d'un aménagement que sur le type de mesure le plus adapté. En effet, certaines mesures, telles que le placement à l'extérieur ou la détention à domicile sous surveillance électronique, supposent que la personne sortant de détention dispose d'un hébergement stable offrant les garanties exigées par le juge pour assurer le bon déroulement de la mesure.

Orientation vers les structures d'hébergement

Lorsque la personne placée sous main de justice ne dispose pas d'une solution de logement adaptée à sa sortie de détention, le Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) évalue ses besoins et l'oriente vers les dispositifs les plus appropriés. Cette évaluation prend en compte la situation administrative, familiale, sociale et financière de la personne, ainsi que les éventuelles contraintes liées à l'exécution de la peine.

En fonction des besoins repérés, il va orienter la personne soit vers un Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), une résidence sociale, un dispositif de logement accompagné ou encore une association spécialisée dans l'accueil et l'accompagnement des personnes sortant de détention.
Ce lien entre SPIP et associations partenaires est essentiel pour prévenir les ruptures de parcours et favoriser la continuité de l'accompagnement entre la détention et le milieu ouvert.

En proposant des solutions d'hébergement adaptées et un accompagnement socio-éducatif, les associations complètent l'action du SPIP et contribuent à sécuriser le parcours de réinsertion des personnes placées sous main de justice.

LES ACTIONS DU SPIP EN MILIEU FERME (PRISON)

En prison, le Service pénitentiaire d'Insertion et de Probation (SPIP) prépare la personne détenue à sa sortie et à sa réinsertion notamment dans le cadre d’un aménagement de sa peine. L’aménagement de peine est un enjeu primordial car il favorise la réinsertion des personnes condamnés, permet de lutter plus efficacement contre la récidive, de maintenir ou restaurer les liens familiaux, sociaux et de travail et de faciliter l'indemnisation des victimes.

L’aménagement de peine permet un retour progressif à la liberté, notamment pour les détenus condamnés à de longues peine. Par ailleurs, le Service pénitentiaire d'insertion et de probation facilite l’accès des personnes incarcérées aux dispositifs sociaux, de soin, de formation ou de travail. C’est ainsi qu'il entre régulièrement en contact avec les équipes de L’Îlot pour préparer la sortie d’une personne pour trouver un hébergement, une formation ou un accompagnement socio-professionnel.

Une fois la personne libérée ou lorsqu'elle exécute sa peine en dehors de l'établissement pénitentiaire, le SPIP poursuit son accompagnement dans le cadre du milieu ouvert.

LES ACTIONS DU SPIP EN MILIEU OUVERT

Au dehors, Le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) coordonne la mise en œuvre des mesures fixées par le JP. Il accompagne les personnes condamnées en les aidant à accéder aux dispositifs d’insertion sociale et professionnelle dans un objectif de prévention de nouvelles infractions. Il s’assure du respect des obligations imposées aux personnes condamnées à des peines restrictives ou privatives de liberté (semi-liberté, travail d’intérêt général, libération conditionnelle, placement sous surveillance électronique, etc.)

À retenir

Actions du SPIP en milieu fermé :

● préparer la sortie de détention et favoriser la réinsertion ;
● accompagner les personnes détenues dans leurs démarches d'aménagement de peine ;
● faciliter l'accès aux dispositifs sociaux, aux soins, à la formation et à l'emploi ;
● maintenir ou restaurer les liens familiaux et sociaux ;
● contribuer à l'indemnisation des victimes.

Actions du SPIP en milieu ouvert :

● apporter à l'autorité judiciaire des éléments d'évaluation utiles au suivi de la personne ;
● coordonner la mise en œuvre et le suivi des mesures judiciaires ;
● orienter les personnes vers les dispositifs d'insertion sociale et professionnelle ;
● veiller au respect des obligations et des mesures prononcées (semi-liberté, travail d'intérêt général, surveillance électronique, etc.).

LES PARTENAIRES DU SERVICE PENITENTIAIRE D'INSERTION ET DE PROBATION

Pour mener à bien l'ensemble de ces missions, le SPIP développe et coordonne un réseau de partenaires institutionnels - dont le ministère de l’Enseignement, France Travail - associatifs et privés afin de donner aux personnes sous main de justice toutes les opportunités d’insertion, en les orientant vers les dispositifs de droit commun.

Le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse

Recevoir un enseignement est un droit pour les personnes détenues. « Le droit à l’éducation constitue un droit fondamental et universel, affirmé aussi bien par le droit international que par la législation française. » La dernière convention signée entre le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse et le ministère de la Justice date du 15 octobre 2019 (5) donne le cadre de l’accès à cet enseignement, notamment via des formations en détention et la possibilité de passer des examens et obtenir un diplôme.

France Travail

Cette agence a signé avec l’Administration pénitentiaire une convention afin d’améliorer l’employabilité des personnes placées sous main de justice tout au long de leur parcours d’exécution de peine et favoriser une meilleure articulation « dedans-dehors ».

« France Travail et les services pénitentiaires font de la formation professionnelle "l’axe majeur" de leur convention. La direction de l’administration pénitentiaire et France Travail coopèrent depuis 1993 à faciliter le retour à l’emploi des personnes détenues. Cet accompagnement s’effectue avec des détenus volontaires, et a pour objectif de préparer leur réinsertion dans la vie active durant la période de détention luttant ainsi contre les risques de récidive. » (6)

Les associations partenaires

Les associations constituent des partenaires incontournables du SPIP. En complément de l'action des services publics, elles proposent un accompagnement de proximité répondant aux besoins des personnes placées sous main de justice tout au long de leur parcours de réinsertion.

Selon leurs domaines d'intervention, elles peuvent accompagner les personnes dans leurs démarches d'accès au logement, à l'emploi, à la formation, aux soins ou encore aux droits sociaux. Elles interviennent également pour favoriser le maintien des liens familiaux, soutenir les personnes en situation de grande précarité ou proposer un accompagnement socio-éducatif individualisé.

Grâce à cette complémentarité, les associations contribuent à assurer une continuité de l'accompagnement entre la détention et le milieu ouvert. Elles constituent ainsi des relais essentiels de l'action du SPIP et participent pleinement à la prévention de la récidive.

L’ÎLOT ET LE SPIP : UN PARTENARIAT POUR LA REINSERTION

Parmi ces partenaires associatifs, L'Îlot occupe une place particulière en proposant des solutions d'hébergement et un accompagnement global vers la réinsertion.

A travers la signature de conventions, L’Îlot est partenaire des Services pénitentiaires d'Insertion et de Probation et les appuie dans leur mission d’insertion en accueillant dans ses centres d’hébergement et de réinsertion sociale des femmes et des hommes ayant ou ayant eu affaire avec la justice. Nous proposons un accompagnement socio-éducatif prenant en compte tous les aspects de la réinsertion afin d’éviter la récidive. Nous sommes aussi régulièrement sollicités par les SPIP pour former ou recruter des personnes très éloignées de l’emploi dans nos ateliers et chantiers d’insertion.

En conjuguant leurs compétences, le SPIP et L'Îlot contribuent à sécuriser les parcours de sortie de détention et à offrir aux personnes placées sous main de justice les conditions nécessaires à une réinsertion durable, au bénéfice des personnes accompagnées comme de la société dans son ensemble.

(1) https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000211204/2026-08-07, article 37
(2) https://www.data.gouv.fr/datasets/statistique-mensuelle-de-la-population-ecrouee-et-detenue-en-france
(3) https://www.justice.gouv.fr/documentation/etudes-et-statistiques/statistiques-trimestrielles-milieu-ouvert
(4) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000045476241/LEGISCTA000045478889/
(5) https://cache.media.education.gouv.fr/file/11/42/8/ensel507_Annexe_1254428.pdf
(6) https://www.francetravail.fr/region/centre-val-de-loire/candidat/conseils-a-lemploi/accompagnements---prestations/france-travail-et-les-services-p.html

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