Parce qu'un emprisonnement est souvent synonyme de rupture avec la vie d'avant, la préparation de la sortie de prison est une étape essentielle pour favoriser la réinsertion. En théorie, cette préparation est assurée par l'administration pénitentiaire. En pratique, les Conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP) suivent parfois entre 90 et 120 personnes détenues, ce qui limite fortement leur capacité d'accompagnement.
Entre CPIP surchargés, donc peu disponibles, et l’interdiction en milieu carcéral d’avoir un accès à internet, la plupart des personnes détenues quittent la prison, sans préparation ni accompagnement social, avec juste en main un petit pécule - s’il y en a - et leur billet de sortie de prison.
Ce document remis à chaque détenu lors de la levée d’écrou atteste de la régularité de la libération. Ce document, dont aucun duplicata ne sera délivré, doit être conservé avec un grand soin car il est requis pour la plupart des démarches qui doivent être effectuées après la sortie de prison. Ces démarches sont incontournables pour pouvoir obtenir un logement, trouver un emploi et accéder à des soins médicaux. L’accompagnement global et personnalisé que L’Îlot dispense à chacun de ses bénéficiaires, vise à atteindre ces trois objectifs ainsi qu’à reconstruire les liens avec la société. C’est grâce à cela que les personnes détenues peuvent se réinsérer durablement.
SORTIE DE PRISON SANS LOGEMENT : COMMENT FAIRE ?
À la sortie d’établissement pénitentiaire, il est impératif de se trouver un toit, un domicile fixe. Difficile de réussir à signer un bail pour les sortants de prison sans logement : les propriétaires exigent des papiers en règle, des revenus et des garants ! Il existe cependant une aide à laquelle une personne sortant de prison peut éventuellement prétendre : le Fond de solidarité logement (FSL).
Ce dernier peut, selon les situations, prendre en charge le dépôt de garantie, se porter caution auprès du propriétaire, payer le premier mois de loyer, prendre en charge les frais d’ouverture de compteurs (gaz, électricité, eau), d’agence et de mobilier de première nécessité. Pour constituer une demande, il faut que la personne sortant de prison s’adresse soit au conseil départemental dont elle dépend, soit à l’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL) ou à la CAF. Au sortir d’incarcération il est aussi possible de déposer un dossier pour obtenir un logement social auprès des bailleurs sociaux publics. La personne obtient alors un Numéro unique d’enregistrement (NUE), valable pour tous les bailleurs sociaux.
Pour pouvoir constituer son dossier, il est bienvenu de fournir :
- une pièce d'identité en cours de validité ;
- un avis d'imposition N-1 (ou avis de non-imposition, si pendant son incarcération l’usager emprisonné n’a pas pu effectuer sa déclaration de revenus auprès des impôts, le billet de sortie de prison sera alors le document indispensable pour obtenir du centre des impôts un avis de non-imposition) ;
- des justificatifs de ressources (si existants).
Non seulement ces démarches sont peu connues de la grande majorité des personnes mais elles prennent du temps et nécessitent un accompagnement social or le besoin d’un toit est immédiat. Aussi pour les personnes sortant de prison qui se retrouvent sans logement ou ne peuvent être hébergées par un proche, la situation est difficile. Une des solutions est de s’adresser à une association comme L’Îlot pour retrouver ses repères et être accompagné.
L’Îlot est dotée de plusieurs structures d’accueil et d’hébergement permettant d’accueillir des sortants de prison sans logement : 4 Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) et 1 Centre d’hébergement d’urgence (CHU). Elle offre également aux personnes plus proches de l’autonomie la possibilité de rejoindre d’accéder à des logements en diffus via l’intermédiation locative. L’hébergement dans un établissement de L’Îlot s’accompagne systématiquement d’un accompagnement des personnes, d’un appui socio-éducatif et administratif individuel. Excepté pour les personnes hébergées en journée ou pour une nuit dans notre CHU, toute personne accueillie dans un établissement de L’Îlot est suivie par un travailleur social pour élaborer avec elle un projet de réinsertion individualisé.


