Ainsi Nawal, médiatrice en santé, nous présente le cas d’un monsieur accompagné par leur équipe qui les oblige à sortir du cadre strictement médical.
"Certains bénéficiaires mettent du temps à créer un lien de confiance. Ce sont souvent des personnes qui ont vécu seules ou à la rue, avec une grande méfiance. Dans ce cas, le lien s’établit progressivement. Nous avons rencontré Monsieur T. dans le cadre d’un accompagnement. Il était à découvert, bénéficiaire du RSA, sans ressources. Monsieur connaissait déjà le Centre d’hébergement d’urgence la Passerelle de l’Îlot, ce qui a facilité la prise de contact. Grâce à cela, on a pu amorcer un début de suivi.
Mais récemment, des membres de sa famille sont soudainement réapparus, notamment son frère, lorsque Monsieur T. a appris qu’il allait recevoir un rappel de 7 000 € de RSA. Il semble que la famille exerce une certaine pression financière. Monsieur a déjà dépensé 6 000 € en quelques jours. Il ne reste quasiment rien. Cette situation révèle une absence totale de solidarité durable autour de lui, et une exposition brutale à des convoitises liées à l’argent. Nous avons également une alerte sur le comportement de certains membres de la famille, notamment son oncle qui aurait été impliqué dans des trafics. Le climat autour de ce Monsieur est malsain.
Son frère a obtenu une procuration sur ses comptes et l’a emmené à la banque. Ils ont prévu de faire des achats en ligne. Notre objectif est d'intervenir rapidement : aller à la banque avec Monsieur T. et envisager, par exemple, un compte joint temporaire ou un blocage des procurations. On agit ici pour le protéger, en limitant l’accès direct aux fonds pour éviter les abus.
Mais il faut rappeler que Monsieur T. est adulte et responsable. Il fait ce qu’il veut de son argent. C’est difficile à gérer quand on sait que ces 7 000 € risquent de ne durer qu’une semaine. Après, il se retrouvera sans rien, dans un état encore plus dégradé et le travail de suivi déjà accompli sera à recommencer."

