25/08/2026

Stéphanie Damaz, directrice de l'antenne Var de L'Îlot

Directrice de l’Atelier et chantier d’insertion ADCE83, Stéphanie Damaz est devenue directrice de notre antenne de L’Îlot dans le Var à la faveur de la fusion-absorption de cet ACI par L’Îlot. Elle est revenue avec nous sur son parcours professionnel et ses engagements.

Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

J'ai intégré l'ACEP, une association intermédiaire, en février 1999. J'étais chargée de l'accompagnement social et professionnel des bénéficiaires du Revenu minimum d’insertion (RMI devenu Revenu de Solidarité Active (RSA)), ainsi que des jeunes en parcours d'insertion. Les dispositifs ont beaucoup évolué depuis, mais l'objectif restait le même : accompagner les personnes vers un retour à l'emploi.
En 2006, j'ai porté le projet d’un chantier extérieur pour accompagner des personnes en Placement extérieur (PE). Au fil du temps, ce dispositif a pris de l’ampleur et il est devenu une association indépendante de l’ACEP : ADCE83, dont je suis devenue la directrice.

Qu'est-ce qui t'a particulièrement attirée dans le secteur de l'insertion par l'activité économique ?

Mon histoire personnelle a joué un rôle. Mes parents étaient engagés dans le domaine du handicap et de l'accompagnement des personnes fragilisées. Pour ma part, j'ai choisi le champ de l'insertion par l'activité économique, qui permet de conjuguer accompagnement social et accès à l'emploi. C'est un secteur dans lequel j'ai grandi professionnellement. Cela fait plus de vingt-cinq ans que j'y travaille et je n'ai jamais eu envie d'en partir.

Quelles étaient tes principales missions au sein d'ADCE83 ?

Lorsque j'étais directrice de l'association ADCE83, je gérais l'ensemble de son fonctionnement : le pilotage de la structure, les partenariats, les financements, les ressources humaines, le développement de l'activité… La seule chose que je n'ai jamais faite, c'est travailler directement sur les chantiers. En revanche, j'ai toujours suivi les équipes de près, réalisé les devis et assuré le lien avec les partenaires et les clients.

ADCE a rejoint récemment L'Îlot. Comment as-tu vécu cette fusion ?

Cette fusion est une démarche que j'ai moi-même initiée.
Lorsqu'on dirige seul une association, on peut parfois ressentir une certaine solitude dans la prise de décision. Depuis plusieurs années, j'envisageais un rapprochement avec une structure plus importante.
Lorsque Thérèse (ancienne responsable de l’antenne de L’Îlot dans le Var) m'a annoncé son départ, je me suis dit que c'était le bon moment. Avec les équipes de L'Îlot, nous entretenions déjà des liens très forts depuis plus de dix ans. Ce rapprochement m'a donc semblé naturel.

Comment cette relation avec L'Îlot s'est-elle construite ?

Nous nous sommes rencontrés en 2015, à l'initiative de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), autour d'un projet de Groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GEIQ).
À cette époque, ADCE83 n'était pas encore un Atelier et chantier d'insertion. Nous avons commencé à travailler ensemble sur différents projets, puis les liens se sont renforcés au fil des années. Depuis, nous avons toujours continué à collaborer étroitement. Cette confiance réciproque a largement facilité le rapprochement entre nos deux structures.

Quels sont les principaux changements depuis cette intégration ?

Le premier changement, c'est que je ne travaille plus seule. C'est un vrai confort, même si cela demande aussi de s'adapter après de nombreuses années d'autonomie.
Surtout, je bénéficie désormais de fonctions support qui facilitent énormément le quotidien. Lorsqu'il me faut un budget ou un appui administratif, je peux compter sur des collègues spécialisés. C'est un véritable gain de temps.
Mais ce qui me paraît le plus important, c'est la complémentarité des actions proposées par L'Îlot. Les salariés peuvent désormais bénéficier d'un accompagnement beaucoup plus global.

En quoi cette nouvelle organisation change-t-elle l'accompagnement des salariés ?

Dans le fond, notre manière d'accompagner les personnes reste la même. En revanche, nous disposons aujourd'hui de davantage de solutions pour construire leur parcours.
Les jeunes de moins de 30 ans peuvent, par exemple, intégrer le dispositif d'intermédiation locative jeunes après leur passage sur le chantier. Nous pouvons également mobiliser les compétences des équipes logement ou de l'équipe éducative lorsque cela répond à leurs besoins. Les passerelles entre les différents dispositifs sont beaucoup plus nombreuses, ce qui enrichit considérablement l'accompagnement.

Quels projets aimerais-tu voir se développer dans ce nouveau cadre ?

Nous réfléchissons actuellement au développement de nouvelles solutions d'hébergement, notamment des places en Centre d'hébergement d'urgence diffus et des logements dédiés au placement extérieur.
L'objectif serait de permettre à certaines personnes d'être hébergées à l'extérieur du Centre pénitentiaire tout en poursuivant leur parcours d'insertion. C'est une évolution qui pourrait renforcer encore la qualité de notre accompagnement.

Si tu devais résumer en quelques mots ce que cette fusion apporte aux personnes accompagnées ?

En rejoignant L'Îlot, nous pouvons proposer des réponses plus complètes, plus coordonnées et mieux adaptées aux besoins de chaque personne. C'est un véritable atout pour construire des parcours de réinsertion durables

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