Pouvez-vous nous présenter votre rôle au sein de France Travail ?
Je travaille pour le service « entreprises » de l’agence France Travail, soit France Travail Pro, avec une mission spécifique autour des Structures d’insertion par l’activité économique (SIAE).
Depuis 3 à 4 ans, l’organisation a évolué : auparavant, les SIAE parisiennes étaient centralisées au niveau d’une agence dédiée, mais aujourd’hui elles sont rattachées aux agences d’arrondissement. Cela signifie que nous suivons directement les structures implantées sur notre territoire, comme L’Îlot.
À l’agence Beaumarchais, une équipe spécialisée de cinq personnes travaille pour ce service. Deux personnes aident les demandeurs d’emploi à trouver un travail, deux autres travaillent avec les entreprises d’insertion pour comprendre leurs besoins et les accompagner, et une personne encadre et coordonne l’ensemble de l’équipe. Cette organisation permet d’accompagner au mieux les personnes sans emploi tout en répondant efficacement aux attentes des entreprises.
Quelles sont les actions que vous menez concrètement avec L’Îlot ?
Notre collaboration porte d’abord sur le recrutement. Nous travaillons en lien avec nos collègues du placement pour identifier des profils, valider des candidatures et faire de l’intermédiation entre les demandeurs d’emploi et les structures.
Concrètement, nous analysons quotidiennement des CV et des profils, et nous facilitons leur mise en relation avec les employeurs ou les structures d’insertion. L’idée, c’est vraiment de faire le lien entre l’entreprise et le demandeur d’emploi.
Nous organisons également des informations collectives conjointes. Cette année, nous en avons mené trois : une dédiée à des personnes sous main de justice, et deux ouvertes à un public plus large.
France Travail prend en charge l’aspect logistique de ces temps de présentation : réservation des salles, organisation de l’accueil, gestion des flux de candidats. Nous y faisons une introduction pour présenter France Travail, notre rôle, et le partenariat avec L’Îlot. Cela permet de poser un cadre et de montrer que nous travaillons ensemble. Puis nous laissons la main à l’équipe de L’Îlot, qui pilote entièrement la présentation et le recrutement. C’est un format très intéressant, car il donne aux candidats une vision claire et rassurante du parcours proposé.
Une fois les candidats sélectionnés et entrés en formation, poursuivez-vous le suivi ?
Oui, dans une certaine mesure.
En amont, nous jouons un rôle essentiel de sécurisation. Nous vérifions que les personnes sont bien éligibles à la formation, qu’elles sont inscrites, qu’elles disposent de droits ouverts, et nous analysons leur situation financière. C’est très important, car une difficulté d’indemnisation peut mettre en péril un parcours de formation. Si un dossier bloque ou si une personne n’est pas rémunérée comme prévu, cela peut entraîner des abandons.
Ensuite, pendant la formation, nous restons en appui. L’équipe de L’Îlot peut nous solliciter à tout moment en cas de problème sur un dossier : une question d’indemnisation, un blocage administratif, une situation urgente. Nous faisons alors le lien avec les conseillers référents, ou nous intervenons directement si nécessaire. L’objectif est vraiment d’apporter de la réactivité et de la praticité.
Pour les autres salariés en insertion, hors formation, nous facilitons également les échanges en transmettant les coordonnées des conseillers ou en intervenant en appui en cas de besoin.
Quels sont, selon vous, les bénéfices directs pour les personnes accompagnées ?
Ils sont multiples.
D’abord, il y a une vraie fluidité dans les parcours. Le fait que les professionnels se connaissent, échangent directement et travaillent ensemble permet d’éviter les lourdeurs administratives et les allers-retours inutiles.
Ensuite, cela contribue à “démystifier” France Travail. Les personnes rencontrent concrètement des conseillers, comprennent qu’elles ont des interlocuteurs identifiés, et qu’elles peuvent être accompagnées de manière humaine.
Par exemple, lors des entrées en formation, nos collègues expliquent que chaque dossier est unique, qu’il y a toujours une personne derrière, et que les bénéficiaires peuvent les contacter directement. C’est utile, car beaucoup ne savent pas qu’ils ont un conseiller référent, notamment pour l’indemnisation, ou qu’ils peuvent écrire directement pour débloquer une situation.
Enfin, cela permet de construire des parcours vraiment personnalisés. Chaque personne a des freins différents, des compétences différentes, des envies différentes. Le travail conjoint entre L’Îlot et France Travail permet d’adapter les réponses et de proposer des parcours “cousus main” vers l’emploi.
Souhaitez-vous développer de nouvelles actions avec L’Îlot ?
Oui, clairement. Aujourd’hui, notre collaboration est très centrée sur le recrutement, mais nous souhaitons aller plus loin avec votre association.
Nous aimerions développer des actions autour de l’après-formation, notamment en facilitant les immersions en entreprise, en organisant des rencontres avec des employeurs, et en accompagnant davantage les sorties vers l’emploi durable.
Nous souhaitons aussi être plus présents tout au long du parcours, pour accompagner les salariés sur différentes problématiques : indemnisation, trop-perçus, dettes, projet professionnel, accès à la formation ou à l’emploi.
Tout cela est en cours de construction, mais il y a un vrai potentiel.
Voulez-vous ajouter un dernier point ?
Oui, un point qui me semble essentiel : la qualité du partenariat.
Avec L’Îlot, nous travaillons avec des interlocuteurs très variés : direction, formateurs, conseillers en insertion. Et surtout, nous travaillons en transversalité, avec un discours commun.
C’est assez rare. Souvent, nous n’avons pas autant de liens avec les formateurs techniques, par exemple. Là, tout le monde est impliqué et aligné.
Cela crée une vraie cohérence dans l’accompagnement, et c’est très confortable pour nous comme pour les bénéficiaires.


