Sandrine Gandrille et Poullo Touré nous présentent le parcours de ce jeune qu’ils accompagnent depuis plusieurs mois, pour qui l’accès au logement via le dispositif d’intermédiation locative a permis de remobiliser son énergie et sa motivation dans la construction de son projet professionnel.
« Lors du premier entretien avec Adem, nous avons rencontré un jeune homme effrayé par la rue, par la sortie de prison, par la solitude, par le dénuement. Il était perdu, il ne comprenait pas, il traversait des moments d’abattement.
Avant le logement individuel, il était en chambre partagée avec plusieurs personnes, ce qui ajoutait une pression supplémentaire. Nous avons constaté qu’il était dans l’état d'esprit de quelqu'un qui avait envie d'avancer. Mais c'était compliqué.
Son entrée dans un studio via le dispositif d’intermédiation locative de L’Îlot a été déterminante. Il s’est rapidement approprié le logement, a acheté des meubles, a aménagé l’espace. Il s’est senti bien et cela lui a permis de se concentrer davantage sur son insertion.
Nous avons observé une réelle évolution : il s’est ouvert, il s’est montré plus souriant, plus détendu, avec une communication plus facile. Il a bénéficié de cours de français avec une progression visible. Il est très investi : il se rend à ses rendez-vous, prend les transports seul, s’organise. Il a travaillé dans plusieurs chantiers d’insertion. Le dernier vient de se terminer car il ferme.
Mais il reste mobilisé et ne se décourage pas. Il sait que l’accompagnement n’est pas indéfini et il maintient sa motivation. C’est important de le souligner. »
Adem, qu’attendiez-vous de L’Îlot lorsque vous avez intégré le dispositif d’accompagnement socio-professionnel ?
J’attendais qu’on m’aide à trouver un travail, un logement… Maintenant avec un studio pour moi seul, ça va mieux, je me sens plus stable, j’ai retrouvé un rythme et même un emploi (en chantier d’insertion).
Vous êtes dans un atelier chantier d’insertion. Qu’y faites-vous ?
J’ai travaillé un mois dans une entreprise de nettoyage. Ensuite, j’ai intégré un chantier d’insertion en réparation d’électroménager : machines à laver, frigos. Cela fait quatre mois. Mais le chantier va fermer. Je vais continuer à chercher un travail.
Pensez-vous que vous auriez pu faire ces progrès sans l’accompagnement de L’Îlot ?
Seul, cela aurait été compliqué. Quand on est seul, c’est très difficile. C’est grâce à eux que j’ai trouvé un logement et un travail.
Que diriez-vous à des jeunes qui seraient dans la situation dans laquelle vous étiez il y a quelques mois ?
Je leur dirais d’aller vers L’Îlot ou des associations comme ça. La rue, c’est dur. La prison, c’est dur. Il ne faut plus faire de « bêtises ».
Aujourd’hui, avez-vous le sentiment que cette période est derrière vous et que vous allez tout faire pour préserver cette stabilité ?
Oui, j’essaie d’oublier. J’ai encore un jugement en attente. J’attends que cela se termine pour être plus libre, pour pouvoir aller voir mes parents. Mais aujourd’hui, c’est mieux qu’avant.
Avez-vous un message à adresser aux équipes de L’Îlot et les personnes qui soutiennent l’association ?
Je les remercie de nous aider, d’aider ceux qui sont à la rue. Merci mille fois à L’Îlot.


