QU'EST-CE QU'UN AMÉNAGEMENT DE PEINE ?
Peine aménageable : définition
La peine aménageable ou l’aménagement de peine est une modalité d'exécution d'une peine de prison ferme. Il a pour but de mettre en place une mesure qui favorise la réinsertion et évite la récidive. Cet aménagement de peine permet d’exercer tout ou partie d’une peine privative de liberté à l’extérieur des murs d’un établissement pénitentiaire. Cet aménagement de peine prendra alors la forme d’une libération conditionnelle, de semi-liberté, d’une détention à domicile sous surveillance électronique ou d’un placement à l’extérieur.
Le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) assure le suivi des aménagements de peine jusqu’à leur fin, il veille ainsi au respect des obligations qui conditionnent la mesure, dans le cas contraire l’aménagement de peine peut être révoqué.
Objectifs de l'aménagement de peine pénale
Cet aménagement a été conçu pour :
● éviter les courtes peines d’incarcération et leurs effets désocialisants ;
● prévenir les sorties sèches, c’est-à-dire sans accompagnement des personnes ayant fait de la prison ferme ;
● favoriser la réinsertion sociale et professionnelle ;
● réduire le risque de récidive.
L’aménagement de peine est conditionné par la situation de la personne et assorti d’obligations fixées en fonction de l’infraction.
AMENAGEMENT DE PEINE INFÉRIEURE A 2 ANS : LES CONDITIONS
Aménagement de peine ab initio (dès le jugement)
Concernant les courtes peines, l’aménagement peut être ordonné au moment du prononcé de la condamnation, il s’agit alors d’aménagement de peine ab initio (1). Pour pouvoir bénéficier d’un aménagement de peine ab initio il faut que la durée de la peine prononcée soit inférieure ou égale à un an d’emprisonnement. « Si la peine est inférieure ou égale à six mois, elle doit, sauf impossibilité résultant de la personnalité ou de la situation du condamné, faire l'objet d'une des mesures d'aménagement prévues à l'article 132-25. » (2) Lorsque la peine prononcée est comprise entre six mois et un an, l’aménagement de peine n’est pas obligatoire mais doit automatiquement être étudié par le tribunal de jugement.
Récidive légale et aménagement de peine
« Lorsqu'une personne physique, déjà condamnée définitivement pour un délit, commet, dans le délai de cinq ans à compter de l'expiration ou de la prescription de la précédente peine, soit le même délit, soit un délit qui lui est assimilé au regard des règles de la récidive, le maximum des peines d'emprisonnement et d'amende encourues est doublé. » (3)
La récidive légale n'exclut pas le bénéfice d'un aménagement de peine, mais elle peut en limiter l'accès. Par ailleurs, le juge de l'application des peines apprécie avec une vigilance accrue les garanties de réinsertion et le risque de récidive avant d'accorder la mesure.
AMÉNAGEMENT DE PEINE 3 ANS ET AMÉNAGEMENT DE PEINE 5 ANS : QUE DIT LA LOI ?
La règle des deux tiers de peine
Concernant les peines plus longues, depuis l'entrée en vigueur de la libération sous contrainte de plein droit, le 1er janvier 2023, le JAP se doit d’examiner automatiquement certaines situations aux deux tiers de la peine pour envisager une libération sous contrainte, c’est-à-dire une sortie anticipée sous aménagement de peine, En revanche, cette mesure n'est pas accordée automatiquement : le JAP peut la refuser par une décision motivée lorsque les conditions légales ne sont pas réunies.
Les garanties de réinsertion exigées
Les principales garanties de réinsertion exigées sont les suivantes :
● un projet professionnel : emploi en cours, promesse d'embauche, contrat de travail, formation qualifiante ou reprise d'études ;
● un hébergement stable : domicile personnel, hébergement chez un proche ou dans une structure d'accueil adaptée, telle qu’un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale ;
● un projet d'insertion cohérent : accompagnement socio-éducatif et/ou socio-professionnel par une association, comme L’Îlot ;
● le respect des obligations antérieures : bonne conduite en détention, respect des mesures judiciaires précédentes, absence d'incidents disciplinaires ;
● le suivi médico-psychologique : engagement dans un parcours de soins lorsque la situation le justifie (addictions, troubles psychiques, etc.) ;
● l'indemnisation des victimes ou des démarches en ce sens, lorsque cela est possible ;
● le maintien des liens familiaux et sociaux, lorsqu'ils constituent un facteur de stabilité.
Le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) évalue ces éléments et remet un rapport au juge de l’application des peines. Celui-ci prend ensuite sa décision au cas par cas afin d'évaluer si la personne condamnée est en mesure de respecter les obligations de l'aménagement de peine et de prévenir le risque de récidive.
